Les
opposants au Protocole de Londres demandent une audience à
Sarkozy
PARIS,
18 sept 2007 (AFP) - 18/09/2007 11h10
Le
comité contre la ratification du Protocole de Londres, qui
doit supprimer l'obligation de traduire en français les
brevets européens, a demandé mardi à être reçu par
président Nicolas Sarkozy.
Ce comité, présidé par le linguiste Claude Hagège,
professeur au Collège de France, tenait mardi une
conférence de presse à Paris, à l'approche du vote de ce
texte à l'Assemblée nationale, le 26 septembre.
Le comité souhaite demander au chef de l'Etat "d'assurer la
liberté de vote aux parlementaires, compte tenu tenu de
l'enjeu de ce protocole pour l'avenir de la langue
française et l'avenir du plurilinguisme en Europe qui
constitue un cas de conscience".
Le projet de ratification a été approuvé en Conseil des
ministres le 24 août. Selon la ministre de l'Economie
Christine Lagarde, ce texte "sera de nature à faciliter le
dépôt et l'obtention des brevets par des entreprises
françaises et d'en diminuer le coût".
Pour le comité, qui réunit quelque 150 universitaires,
écrivains, chefs d'entreprises, chercheurs,
parlementaires..., le coût des brevets est un "faux
prétexte". Il cite une étude de l'Office européen des
brevets (OEB) estimant le coût de la traduction à 15% en
moyenne de celui du dépôt "et non 40% comme l'avancent
abusivement les défenseurs du Protocole de Londres".
Selon le comité, la ratification de ce protocole
aboutirait, en Europe, à la suppression de l'obligation de
traduire les brevets rédigés en anglais et en allemand,
soit actuellement 93% des brevets. Il en résulterait "une
marginalisation de la langue française dans le domaine de
la propriété industrielle, puisque seulement 7% des brevets
seraient disponibles en français au lieu de 100%
actuellement".
En fait, "le coût de la traduction réapparaîtrait ailleurs,
chez les utilisateurs", a commenté Christian Derambure,
président de la Compagnie nationale des conseils en
propriété industrielle (CNCPI). Les PME-PMI seraient
obligées de traduire à la place des grandes entreprises qui
déposent des brevets par milliers des textes remplis de
termes extrêmement subtils, a-t-il souligné.
Sur les 31 pays concernés, 13 seulement ont ratifié le
texte. "L'accord de la France étant indispensable pour que
ce traité entre en vigueur en Europe, c'est donc au
Parlement français qu'il revient de décider", relève le
comité.
©
2007 AFP